OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 OWNIPolitics: du journalisme dans la “cité” http://owni.fr/2010/10/26/ownipolitics-journalisme-dans-la-cite-politique/ http://owni.fr/2010/10/26/ownipolitics-journalisme-dans-la-cite-politique/#comments Tue, 26 Oct 2010 14:43:33 +0000 Sylvain Lapoix http://owni.fr/?p=33653 Le journalisme ne progresse-t-il qu’à coup de grandes tartes dans la gueule ? Collectivement comme individuellement ? La première fois que j’ai mis le pied à l’Assemblée nationale, un des responsables du service de presse m’accompagnait :

Léon Blum et Clemenceau ont pris cet ascenseur, il a près d’un siècle.

Nous avons monté les escaliers, pour les poulaillers de la presse qui surplombaient une salle vide mais au perchoir de laquelle je me souvenais avoir vu Aristide Briand. En photo, bien sûr. Une fois redescendus, nous avons glissé sur le marbre jusqu’à la « salle des quatre colonnes ». Là, des collègues envoyaient des SMS sur une banquette empire ou allaient griller une clope sur le perron qui regardait des jardins à la française en attendant le coup de feu. Qui soudain est parti : les députés ont commencé à sortir de la salle, longeant une rangée de petits poteaux dorés à barrière de velours rouge, comme dans les musées, et derrière laquelle les journalistes devaient rester mais au dessus de laquelle ils lançaient leurs micros : « M. Montebourg ! », « M. Marini ! », « M. Gremetz ! » et « M. Copé ! » et tous les autres.

Ils y avaient de plus ou moins grosses « grappes » selon les élus, de plus grosses « forêts » de caméras, perches et appareils photos. Il devait y avoir cinq questions, maximum, qu’ils posaient presque à tout le monde, c’était « la commande du jour », comme au resto, ce qu’ils devaient rapporter pour être à la page. Des commentaires sur des « petites phrases », des réactions aux états d’âme du parti… Rien de politique. Rien. C’était une vraie tarte dans la gueule.
Sur l’absence de politique, j’exagère.

Il y avait quelque chose de politique, certes: de politicien. Mais on a pris l’habitude de considérer que la politique se résumait à ça, des luttes de personnes, de partis, de blocs… A cette politique là, importante mais cruellement insuffisante.

Ensemble tout devient…

2007 a vu l’avènement d’un « nouvel intérêt » qui ne s’est traduit que par la personnalisation d’un affrontement et par celle d’un échec (celui de la gauche) et d’une victoire (celle de Nicolas Sarkozy). Si nous ne nions pas l’importance de ce « jeu » politique, de la tactique et des stratégies mais aussi du militantisme et de l’engagement, la place qu’ils ont pris dans le traitement journalistique de la « chose politique », jetant son ombre méprisante sur tout ce qui touchait de trop près le réel, est à notre avis dommageable. Or, le journalisme lui-même perd de sa vocation politique, de son sens, de sa portée, en se laissant entraîner à parler de choses qui, passé un certain temps, n’intéressent plus que les politiques et les journalistes politiques eux-mêmes. Et le lecteur, de son côté, arrête de tourner les pages.

Le “lecteur” est un citoyen

Sur Internet, à l’inverse, des sites tenus par des journalistes, des experts ou des curieux, ont prouvé que le débat politique pouvait vivre sur les sujets eux-mêmes, qu’il s’agisse d’affaires européennes, d’écologie, d’économie, de défense, de social… ou même de finances publiques ! A côté du “buzz” et des effets qu’induit le temps court permis par le web, la réflexion, l’analyse et la prospective ont réussi à s’installer là où on laissait le temps aux poussières des débats politiciens de retomber.

Dans la continuité de son projet de renouvellement des formes de journalisme, OWNI se lance dans la politique avec un objectif : traiter de tous les aspects de la politique – de l’économie à la recherche en passant par l’écologie, les transports et bien d’autres – sans jamais s’aventurer dans les querelles de partis. Pour ce faire, OWNIpolitics se déclinera sur trois temps de réflexion :

Bilan : pour creuser et tenter de comprendre les racines des problèmatiques qui se posent aujourd’hui.

Débat : pour décrypter les questions et les réponses proposées autour des thèmes qui font l’actualité.

Enjeux : pour offrir un aperçu des défis qui nous attendent et de ceux qui réfléchissent à comment y répondre. Et participer activement !

OWNIpolitics s’appuiera sur l’équipe d’OWNI (journalistes, programmeurs, développeurs et designers) afin de produire ses propres contenus d’intéret public (enquêtes, interviews, analyses, reportages et applications) mais aussi sur un écosystème de contributeurs associés à notre projet, blogueurs politiques ou non, dont les billets nourriront le débat. Le tout dans une démarche politique d’information mais en aucun cas politicienne :

OWNIpolitics se donne le devoir, au nom de sa vocation journalistique, de critiquer tous les partis, de gauche, de droite, du centre et des périphéries diverses. Et bien au delà des partis, de porter un œil critique et constructif sur les principales questions qui sont les enjeux de demain.

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Illustration CC Elsa Secco pour OWNI, et CC FlickR par Julie70

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Libération des données: “On ne reviendra pas en arrière” http://owni.fr/2010/06/14/liberation-des-donnees-on-ne-reviendra-pas-en-arriere/ http://owni.fr/2010/06/14/liberation-des-donnees-on-ne-reviendra-pas-en-arriere/#comments Mon, 14 Jun 2010 17:30:42 +0000 Sabine Blanc http://owni.fr/?p=18220 San Francisco, Londres, Vancouver… : l’ouverture des données, petit à petit, fait son chemin dans les villes. En France, c’est à la “modeste” Rennes qu’il revient d’ouvrir le bal des données, justifiant son image de ville dynamique. En février dernier, la ville bretonne et Rennes métropole annonçait une première pour une collectivité territoriale : l’ouverture de données publiques, en l’occurrence celles de son réseau STAR, le service de transport en commun de Rennes Métropole, et du service LE vélo STAR et les données d’informations pratiques géolocalisées de 1.500 organismes publics et associatifs.
Une précision avant de poursuivre : par réseau données publiques de transport, on entend bien plus que le bus : le réseau, son infrastructure, la disponibilités des équipements -ascenseurs, escalators, stations de vélos) ou la location d’un lieu public. Bref un large bac à sable pour innover.

Xavier Crouan, directeur de l’Information et de l’innovation numérique, de Rennes Métropole & Ville, revient sur ce saut. Il parle en early-adopter convaincu, il parle avec autant de foi que d’optimisme. Un enthousiasme qu’il convient de tempérer. Mme Michu ne s’intéresse pour l’instant pas à l’opendata, cela reste un sujet de conversation chez les geeks (comme OWNI par exemple :) Les quelques applications créées évoquées par Xavier Crouan restent d’usage confidentiel. “Cela ne constitue pas une révolution dans le quotidien des Rennais. Ils s’intéressent plus au fait qu’un vélo sur trois a été volé ou détérioré…”, témoigne un habitant. Et c’est fort logique puisque on en est aux premiers pas. La révolution aura lieu lorsque des usages concrets, pratiques feront jour.

Aux origines de l’ouverture des données à Rennes, il y a une initiative du privé…

Le point de départ effectivement, c’est Keolis, qui est délégataire du transport de Rennes métropole. La compagnie a posé comme condition l’ouverture des données transports. À Rennes, nous sommes ouverts aux nouveaux usages et aux innovations issus des nouvelles technologies depuis un certain nombre de temps, nous avons donc saisi la balle au bond. C’est dans l’air du temps, il y a aujourd’hui dans le monde anglo-saxon beaucoup d’initiatives. En France, il n’en existe pas, réagissons et essayons de mener cela ensemble, de manière à la fois plus structurée et de plus grande ampleur.

Les données LE vélo STAR ont déjà été libérées (accessibles sur une API sous Creative Commons, Ndlr). Nous libèrerons d’autres données de transports progressivement du mois de juin jusqu’à fin août : les données des horaires théoriques des bus et métros, ceux en temps réel le seront dans un an environ, quand le système sera mis en place. Toujours dans le temps réel, les alertes trafic, l’état d’occupation en temps réel des parcs relais, le fonctionnement des ascenseurs et des escalators, l’accessibilité des lignes pour les personnes à mobilité réduite… Ce sont des données qui appartiennent à Rennes métropole mais gérées par Keolis pour le compte du service public, en délégation.

Vous n’en êtes pas resté là…

Nous avons aussi offert d’autres données, qui géolocalisent 1.500 organismes publics, parapublics, culturels, sportifs, associatifs. Elles sont recensées dans un guide que nous éditons chaque année depuis vingt ans, Vivre à Rennes. Voilà trois ans, j’ai lancé l’idée de mettre ses données sur une base, pour pouvoir les exploiter. C’est ainsi que nous avons été la première collectivité à lancer une appli iPhone, VivreàRennes, en octobre dernier, rassemblant ces données structurées en thèmes et sous-thèmes avec un contenu informationnel géolocalisé avec les horaires d’ouvertures, les sites Internet de chaque organisme, etc.
Nous allons aussi libérer, mais je ne peux pas vous fournir de détails car nous travaillons dessus, bon nombre de données du système d’information géographique, ce sont des données importantes avec de la cartographie, des couches d’informations essentielles pour des usages que nous n’imaginons pas encore aujourd’hui mais dont on connaît les potentialités.

Je vais multiplier les rencontres pour avancer : la région Bretagne vendredi (le 11 juin, Ndlr), le département avant la fin du mois, un délégataire de service public qui gère les parkings de Rennes pour avoir les informations en temps réel, Dor Breizh, un système qui gère les informations sur les embouteillages à Rennes et alentour, le directeur de l’agence d’un organisme de Rennes métropole qui possède les données statistiques sur le territoire. Certaines données sont certaines, sur d’autres nous travaillons encore.

L’entrepôt des données, pour reprendre un terme anglo-saxon (datastore, Ndlr) va s’enrichir petit à petit et il sera recensé sur un site Internet, data.rennes.fr et data.rennes-metropole.fr avec des liens vers les détenteurs de ces données.

Avez-vous rencontrés des difficultés inattendues ?

Comme nous défrichons, nous essuyons quelques plâtres. Mais notre territoire est vraiment innovant, nous avons un terreau politique et des acteurs qui font que cela démarre au quart de tour, depuis quatre-cinq ans nous travaillons sur cette dynamique, les choses se passent assez facilement même si de temps à autre, des gens disent effectivement : “c’est mes données, c’est ma cassette et je ne la partage pas”

Les réticences viennent de qui ?

Pour l’instant nous n’avons pas rencontré fondamentalement de réticences., même si cela surprend au départ. Quand on explique la démarche et à quoi elle peut aboutir, c’est assez vite compris. Cependant, quand il s’agit d’un consortium, il y a des difficultés. J’évoquais Dor Breizh qui réunit cinq ou six acteurs. Pour savoir à qui appartient précisément les données, si elles sont libres de droit etc., des questions juridiques se posent. Dans la mesure où elles ont vocation à être diffusées, je ne vois pas pourquoi il y a des freins à cela. Après, on comprend bien pourquoi certaines personnes peuvent se montrer un peu frileuses.

Mais je pense que la dynamique est lancée, on ne reviendra pas en arrière, on a cassé les frontières, à Rennes comme en France. Notre exemple est un peu observé, cela va créer une vraie dynamique, il y a des enjeux importants derrière.

L’ouverture des données pose aussi des questions sur le plan juridique…

On va prendre une licence pour préciser le contexte dans lequel elles peuvent être utilisées, en application de la directive européenne de 2003 (transposée dans la loi français en 2005, elle autorise la réutilisation commerciale de ces données, Ndlr). Nous étions partis sur des Creative Commons et l’on s’aperçoit que les CC, qui sont éprouvés au niveau du droit international, couvre la réutilisation des œuvres. La commercialisation, la réutilisation de données retraitées a du mal à émerger dans le cadre de la licence CC : une œuvre d’art ne peut pas être réinterprétée et revendue. Il existe aussi la licence IP du ministère de la Justice mais qui ne correspond pas tout à fait aux données publiques au sens où on l’entend. En revanche, celle de l’APIE, (agence des biens immatériels de l’État), a été conçue dans ce sens et on devrait la réutiliser. Nous finalisons actuellement l’étude de cette licence.
De la même manière, il n’y a pas de jurisprudence, le droit s’écrit au fur et à mesure. On s’attend peut-être à ce que notre dispositif juridique soit observé.

Avez-vous des projets pour doper la participation et l’innovation ?

Nous allons lancer un concours d’app, mobile et web, du 1er octobre au 31 janvier, avec une dotation attractive de plus de 50.000 euros. Les critères : la notion d’accessibilité, d’intermodalité, de développement durable. Les donnée seront fournies gratuitement avec peut-être un plafond d’usage, pour éviter de faire gonfler notre parc serveur, ce qui coûterait cher, si nous avons trop de requêtes. Les app seront gratuites et la commercialisation des services issus de ces données pourra se faire sous forme de vente au téléchargement ou par voie publicitaire.

La question de la commercialisation était encore en suspend récemment, en fait vous vous dirigez dans ce sens. Ce n’est pas incompatible avec la philosophie du projet ?

Je ne crois pas, au contraire, on considère que ces données doivent avoir une valeur et nous laissons le marché réagir. Certains services seront gratuits, d’autres payants. Si cela ne crée pas de la valeur directe pour l’institution puisqu’on les livre gratuitement, elle peuvent en créer directement sur le territoire. C’est une façon d’inciter les gens à participer, d’étendre le champ des créateurs. Nous préférons cela au choix inverse, où nous vendrions les données avec un nombre moindre d’applis. Nous croyons à la multiplication des applis, quitte à ce qu’une grande majorité soit gratuite, car cela peut engendrer une autre relation aux institutions, au territoire et au service public. Dans une de mes présentations, j’explique qu’on passe du web 2.0 au web2, c’est-à-dire que l’on fait en sorte que l’habitant deviennent lui-même producteur de son propre service public, les possibilités sont presque infinies. Nous, en tant qu’institution, nous n’aurons jamais ni le temps ni les moyens pour réaliser une appli pour trente personnes.

Les prix seront réglementés ?

Ils seront libres.

Libérer les données, c’est un chantier coûteux ?

Oui et non. Je pense que je n’aurai pas de ligne budgétaire. C’est plutôt en temps-homme que cela se compte, il faut lancer la machine, après c’est assez simple. Dans le coût, il y a le développement des API, mais c’est à la marge, une API coûte entre 10 et 20 000 euros selon la complexité des données. On ne livre pas les données, on livre l’accès aux données et il faut assurer aux utilisateurs qu’elles seront mises à jour. En revanche bien sûr, j’aurai une ligne budgétaire pour le concours.

La réussite du projet passe aussi par un travail de pédagogie auprès des élus et du public…

Nous n’avons pas trop communiqué auprès du public pour l’instant, c’est plutôt auprès des institutionnels et des élus. La signature à Rennes depuis trente ans, c’est “vivre en intelligence”. La dynamique participative de proximité et d’innovation est déjà ancrée , la libération de données n’est qu’un nouvel outil.

Quel retour avez-vous eu en terme de participation ?

Sur les données vélo, nous avons déjà onze applis, en sachant qu’il n’était pas encore possible de croiser ces données avec d’autres. Les possibilités futures sont très prometteuses.

Quelles retombées espérez-vous pour le territoire ?

Nous attendons un maximum d’applications, une dynamique vertueuse d’ouverture plus importante de données, une dynamique créative dans tous les sens du terme : de valeurs mais aussi en terme d’innovation sociale. C’est aussi démontrer que le territoire de Rennes innove dans les usages issus de nouvelles technologies pour permettre leur développement. Cela participe aussi à l’attractivité du territoire, et ce n’est pas le moins important.

Vous faites une veille sur ce qui se passe en la matière dans d’autres pays. Allez-vous calquer des idées ? Par rapport aux autres initiatives, avez-vous une spécificité, lié à votre territoire, par exemple ?

La spécificité, c’est peut-être la prise de risque : nous avons franchi le pas. Nous regardons aux États-Unis les mises en commun qui se font entre villes. À l’échelle de la Bretagne, il y a peut-être des collaborations à mettre en place, entrer dans une démarche commune avec d’autres collectivités. Nantes réfléchit beaucoup, Paris a voté hier soir (mardi 8 juin, ndlr) une délibération mais qui n’a pas beaucoup de contenu, Brest Métropole Océane a également voté une délibération d’intention au conseil municipal. C’est mûr un peu partout pour aller au-delà.

De façon générale, vous notez une curiosité sur le sujet de la part d’autres collectivités ?

Bon nombre de collectivités y réfléchissent. J’ai l’impression que dans dix-huit mois on ne sera plus tout seul, c’est évident. Notre approche est de faire savoir pour partager, nous travaillons à livre ouvert pour faire progresser la réflexion nationale sur un certain nombre de champs : quels sont les points d’achoppement, le coût réel, les avantages… C’est aussi une ouverture de la démarche.

Vous rencontrez parfois de l’incompréhension, on vous prend pour des extra-terrestres ?

Pas à ce stade. Ceux qui nous interpellent sont plutôt des gens en réflexion. Ceux qui se mettent des freins dans leur tête ne font pas partie de la Fing (Fondation Internet nouvelle génération, qui accompagne entre autres les collectivités territoriales dans leur réflexion sur l’usage des nouvelles technologies, Ndlr).

Pour conclure, êtes-vous optimiste sur l’ouverture en France des données ? Ou ce mouvement sera-t-il laborieux, comme certains le pensent, parce qu’il ne s’inscrirait pas dans notre tradition ?

On va le faire et cela va révolutionner la manière de percevoir les services publics, cela va faire bouger un certain nombre de ligne dans les organisation municipales, ministérielles. Le plus gros frein ne sera pas les collectivités territoriales. Aujourd’hui les villes et les métropoles sont le cœur de l’innovation parce que c’est là où vivent les habitants, c’est là où la gouvernance de proximité se fait. Au contraire, c’est dans ces territoires que l’innovation sociale, au sens numérique, sera la plus grande. Les innovations se font dans des métropoles : à Rennes, à Bordeaux, à Montpellier, à Grenoble, à Lyon. Ce sera plus simple, plus rapide, plus efficace.

En revanche, cette révolution au niveau de l’État va certainement demander beaucoup plus de temps. Je ne veux pas juger l’APIE, mais elle connaîtra des difficultés.

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Photo CC Flickr Dr Craig et michibanban

Titre alternatif, refusé par ma hiérarchie : Libération des données : lâchez le Rennes!

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#datajournalisme : Ensemble, géolocalisons les bureaux de vote http://owni.fr/2010/02/26/datajournalisme-ensemble-geolocalisons-les-bureaux-de-vote/ http://owni.fr/2010/02/26/datajournalisme-ensemble-geolocalisons-les-bureaux-de-vote/#comments Fri, 26 Feb 2010 18:05:31 +0000 Nicolas Kayser-Bril http://owni.fr/?p=9061

Il y a trois semaines, nous rendions publics nos efforts de géolocalisation des votes et des bureaux de vote. On vous faisait part de nos problèmes, le principal résidant dans la médiocre qualité des documents envoyés par les préfectures.

Pour pouvoir exploiter un document et construire des applications avec, il faut que les données qu’il contient soient lisibles pour un ordinateur. Les phrases du type “Le 14e bureau se trouve à côté de l’église, place Michelet” sont à bannir. A la place, il faut une structure comme “numéro: 14; adresse: place Michelet”.

Beaucoup de bonnes volontés se sont manifestées pour nous aider, mais – et c’est normal – peu d’entre elles sont venues avec un chèque.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

92% des préfectures nous ont envoyé les fichiers comportant les adresses des bureaux de vote (France métropolitaine uniquement).

63% des fichiers reçus ont été traités automatiquement et sont en train d’être géolocalisés.

Reste 37% de fichiers à traiter à la main. On a commencé par payer des gens pour saisir les données. Mais nos ressources financières étant ce qu’elles sont, cette option a dû être abandonnée.

Que pouvez-vous faire pour aider ?

Appelez les préfectures qui renâclent, ou allez carrément à l’accueil demander la liste des adresses des bureaux de vote.

Bouches du Rhône: 04 91 15 60 00
Haute-Corse: 04 95 34 50 00
Dordogne: 05 53 02 24 24
Eure: 02 32 78 27 27
Manche: 02 33 75 49 50
Marne: 03 26 26 10 10
Oise: 03 44 06 10 25
Seine-Maritime: 02 32 76 50 00

Si d’aventure vous obtenez quelque chose, envoyez-le à nkb /ät/ 22mars.com !

Aidez à transformer les pdf illisibles envoyés par les préfectures en données exploitables.

Pour cela, j’ai construit une application où vous pouvez vous adonner aux joies de la saisie de données. C’est rébarbatif, ennuyeux et inintéressant.

Mais si vous y passez deux minutes et que vous envoyez le lien à vos amis, vos collègues ou votre fille de 15 ans qui passe ses journées sur Facebook, on aura fait le boulot en quelques jours.

Comment ça marche ? Tutorial vidéo

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Vous voulez participez? C’est par là: http://tr.im/bureaux

Photo wallyg sur Flickr

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Ce n’est pas parce qu’ils n’en ont rien à foutre qu’on va se priver de leur donner notre avis! http://owni.fr/2009/10/02/ce-nest-pas-parce-quils-nen-ont-rien-a-foutre-quon-va-se-priver-de-leur-donner-notre-avis/ http://owni.fr/2009/10/02/ce-nest-pas-parce-quils-nen-ont-rien-a-foutre-quon-va-se-priver-de-leur-donner-notre-avis/#comments Fri, 02 Oct 2009 16:54:45 +0000 Agnès Maillard http://owni.fr/?p=4155

Ou comment une abstentionniste convaincue, voire forcenée, en vient à faire de la retape pour inciter à se rendre en masse dans des bureaux de vote sauvages. Et comme d’hab’, moins ils veulent qu’on y aille, plus il est important d’y aller.

VOTATION!Ce que j’aime par-dessus tout, c’est la bonne grosse démocratie avec du poil sous les bras, cette légitime aspiration des peuples a ne pas être que la variable d’ajustement des riches et des puissants, mais à exister, à vivre, à revendiquer et à beugler leur rage, leur frustration, leur profond sentiment d’injustice, surtout quand on leur intime l’ordre de bien vouloir subir en silence, en fermant cette grande gueule prolétaire qui écorche les petites oreilles fragiles et sensibles de ceux qui excellent à ramper sur les moelleuses moquettes de la République cent fois bafouée, cent fois reniée, cent fois utilisée, le caviar au bord des lèvres, pour justifier l’écrasement des plus pauvres, des plus petits d’entre nous.

Parfois, on nous demande fort civilement notre avis, juste histoire de vernir leurs grosses saloperies sous une fine couche de légitimité et de renoncement. C’est, le plus souvent, pour un choix qui n’en est pas un : alors, tu préfères quoi, petit peuple ignare, la peste ou le choléra Pimprenelle ou Nicolas la droite sévèrement burnée ou la gauche rose pâle, sachant que le gros de la différence tient à la qualité du lubrifiant dont on se servira par la suite pour singulièrement élargir ton petit point de vue trop étroit pour appréhender la magnificence de cet ordre nouveau qui se fera malgré toi, sur toi et surtout, sans toi ? Ou alors on nous bourre le mou (et un peu les urnes, en passant) avec un choix tout pourri à une seule alternative : Ton Europe, tu la veux méchamment libérale ou totalement et libéralement débridée ? Prière de ne répondre que oui. D’ailleurs, hasard du calendrier, comme dirait un journaleux mal dégrossi de la transition lourdaude, aujourd’hui, c’est la session de rattrapage des Irlandais qui avaient fait leur mauvaise tête et avaient refusé de comprendre qu’on ne leur demandait leur avis qu’à condition qu’ils donnent la bonne réponse, un peu comme un gosse de maternelle qui reluque d’un œil rond et vaguement désespéré la maîtresse tant il sent qu’il faut toujours donner la réponse attendue plutôt que la réponse juste, dans tous les cas.

Alors, forcément, j’ai très très mal à ma démocratie ces derniers temps. Surtout qu’entre chaque branlette électorale, on en profite pour augmenter encore plus la dose de laxatif à nous prescrire de force sur l’air bien connu et désespérément vide de sens du fameux : mais puisque c’est pour ton bien !
C’est donc pour notre bien qu’on coule la Sécu à grand renfort d’exonérations de cotisations sociales, qu’on crève l’école républicaine au demonte-pneu en virant toujours plus de profs et en assurant, la main sur le cœur, que ça ne changera rien à la qualité de l’enseignement, qu’on assèche tout financement du secteur associatif, lequel pallie tant bien que mal aux divers dégagements sociaux de l’État. C’est toujours pour notre bien que le princident du pouvoir d’achat, le chantre du travailler plus pour gagner plus, reprend d’une main ce qu’il nous a déjà harponnés de l’autre, en appauvrissant les SMICards tout en augmentant tous les prélèvements obligatoires pour les crevards. Encore pour notre bien qu’on a refilé les bijoux de famille aux copainsau privé pour une bouchée de pain, les usagersclients de France Telecom pourraient en témoigner. Et ne parlons pas des salariés de cette ex noble institution ! Voilà qui devrait inspirer les petits hommes bleus d’EDF. Voilà, en tout cas, qui a semblé suffisamment convaincant aux petits poussins de la Poste qui, bien que massivement précarisés depuis des années, ont décidé de ne pas aller à l’abattoir sans lutte. Mais une belle lutte, une lutte démocratique, une lutte citoyenne, une consultation nationale, une votation, comme on dit au pays de la démocratie directe, où le petit peuple va enfin pouvoir reprendre sa démocratie en main, va enfin pouvoir répondre aux questions qu’on ne fait même plus semblant de lui poser.

Alors oui, ça ne va servir probablement à rien dans notre République des autistes. Notre gouvernement va continuer à appliquer servilement la note de route qui lui a été dictée par les puissants de ce monde, mais on s’en branle vigoureusement : quoi qu’ils disent, quoi qu’ils fassent, il ne faut plus que ce soit en notre nom.

Alors, demain, si ce n’est pas déjà fait, allons tous ouvrir grand notre gueule contre le grand bond en arrière que l’on nous impose depuis des années ! Et il n’y a qu’à voir comme ils se dépêchent de vouloir nous faire taire pour bien comprendre à quel point, finalement, nos luttes comptent !

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