Boycotter les élections du 13 juin ?!

mai 27th, 2010 par Marie Dosquet

La chute du gouvernement fédéral belge en pleine crise économique a provoqué de vives réactions. Mais on laisse souvent de côté celles des citoyens, qui sont pourtant les premiers concernés. Beaucoup d’entre eux sont en colère et ne comprennent pas très bien la crise politique qui marque le pays depuis longtemps maintenant.

Les élections anticipées du 13 juin sèment l’incompréhension et le mécontentement, avec des conséquences diverses, comme le désintérêt pour la politique qui peut se traduire par le vote blanc, le vote nul, le vote pour ceux qu’on appelle les « petits partis », le vote de protestation (pour les extrêmes) voire le boycott total des élections (même si le vote est obligatoire en Belgique). Internet déborde de groupes facebook, blogs ou forums sur le sujet.

Cette forte mobilisation sur internet est une conséquence de la dernière crise communautaire, dont BHV, mais pas seulement. Pour Régis Dandoy, chercheur au Centre d’étude sur la vie politique (ULB), « les citoyens sont dépassés, ils ont le sentiment d’être mis à l’abandon par les politiques qui s’occupent de leurs manœuvres politiciennes autour d’un enjeu qui n’a pas vraiment d’impact sur la vie citoyenne des gens. »

C’est aux politiques de récupérer la confiance des citoyens et de les réconcilier avec le droit de vote. Chaque vote est important, c’est la somme de chaque décision de vote intelligente qui fera avancer le pays dans la direction que ses citoyens auront choisie.

Les juifs d’Europe se mobilisent

avril 21st, 2010 par Marie Dosquet

Un nouveau groupe pro-paix : J Call, European jewish call for reason. Lancement d’un appel à la raison.

J Call est ce qu’on pourrait appeler un lobby europpéen. Sauf que, contrairement à J Street, le nouveau lobby juif américain pro-paix, J Call ne doit pas convaincre les européens. Le but est de faire entendre une voix différente de la plupart des  organisations communautaires juives qui s’alignent sur la politique israélienne.

J Call considère la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem Est comme une erreur politique et une faute morale.  Un mouvement est donc lancé, autour de plusieurs points:

- l’établissement de la paix avec le peuple palestinien selon le principe « deux Peuples, deux États ».
- la pression des États Unis et de l’Union européenne sur les deux parties pour arriver à un règlement rapide et raisonnable du conflit.
- le rejet de l’alignement systématique des communautés juives de la diaspora sur la politique du gouvernement israélien.
- la création d’un mouvement européen capable de faire entendre la voix de la raison à tous ; la survie d’Israël en tant qu’état juif et démocratique par la création d’un État palestinien.

Une pétition est lancée pour faire circuler ces différents points. Le mouvement sera lancé de manière solennelle le lundi 3 mai au parlement européen à Bruxelles, en présence de Daniel Cohn Bendit, Bernard Henri Levy, Avi Primor, … et des représentants de J Street.

inscription : info@cclj.be

Frontex : guerre aux migrants

mars 28th, 2010 par Marie Dosquet

Frontex est l’agence européenne qui gère les frontières extérieures de l’Europe. Cette agence « coordonne la coopération opérationnelle entre les États membres en matière de gestion des frontières extérieures, assiste les États membres pour la formation des garde‑frontières nationaux, y compris dans l’établissement de normes communes de formation, effectue des analyses de risques, suit l’évolution de la recherche dans les domaines présentant de l’intérêt pour le contrôle et la surveillance des frontières extérieures, assiste les États membres dans les situations qui exigent une assistance technique et opérationnelle renforcée aux frontières extérieures et fournit aux États membres l’appui nécessaire pour organiser des opérations de retour conjointes. »
Depuis sa création en 2004, les états membres de l’Union Européenne comptent sur l’agence pour empêcher l’immigration illégale. Frontex surveille donc les frontières et intercepte les migrants en mer. Les États membres invoquent aussi la lutte contre le trafic d’être humains, avec 58 passeurs arrêtés en 2009. Mais la tâche de l’agence est désespérément ambigüe : refoulement ou sauvetage ? À l’intérieur des frontières européennes, Frontex sauve les migrants et les amène aux côtes où ils peuvent demander l’asile. À l’extérieur des frontières, Frontex n’est pas censée intervenir. Les associations telles que Migreurop ou la Ligue des droits de l’homme dénoncent un refoulement de ces migrants, en infraction avec les Droits de l’homme, allant jusqu’à laisser les migrants se noyer.
La conférence de mercredi dernier sur l’agence Frontex organisée par la Ligue des droits de l’homme et le Progress Lawyers Network tentait de mettre en lumière l’existence de celle-ci, ses compétences et ses conséquences.

  Des morts par milliers aux portes de l’Europe
La base légale de Frontex est le texte européen qui précise une série de points. Le premier à mentionner est son financement qui témoigne de l’extension des pouvoirs de Frontex : on est passé de 6,2 millions en 2005 à 88 millions d’euros en 2009 ! Claire Rodier, GISTI et vice-présidente de Migreurop disait de manière percutante : « C’est de l’argent gaspillé pour violer les Droits de l’homme ». Frontex tient ses équipements des États membres qui s’engagent à lui fournir du matériel militaire (de guerre) : en tout, 21 avions, 25 hélicoptères et 113 navires (armés). Son directeur exécutif est un homme politique et militaire finlandais, au grade de colonel, Ilkka Laitinen. Selma Benkhelifa, avocate chez Progress Lawyers Network et militante des droits de l’homme, compare Frontex à une milice voire à un mercenaire lorsqu’elle explique que Frontex est une armée indépendante sous aucune responsabilité et qu’elle peut percevoir une rémunération de la part des États membres pour ses services rendus.

Frontex, armée de guerre contre les migrants, non-soldats ?

Selma Benkhelifa expliquait lors de la conférence que conséquences des opérations de Frontex sont graves en matière de droits de l’homme. D’abord, le droit d’asile est bafoué. En effet, avant de pouvoir demander l’asile, les migrants doivent d’abord échapper à Frontex. Le refoulement pratiqué est aussi contraire au droit de quitter son propre pays. Les droits de l’enfant ne sont pas respectés puisque les interceptions des migrants ne prennent pas en compte les différences entre les individus. Les mineurs non-accompagnés sont donc traités de la même manière que toute autre personne. La protection subsidiaire est pour le moins rarement assurée et Frontex exécute aussi des expulsions collectives (opérations de retour conjointes), normalement interdites par la Convention Européenne des Droits de l’Homme. L’usage de la force pose question également : la violence n’est pas clairement règlementée.

Un problème majeur est, selon Violeta Moreno Lax, que Frontex a le pouvoir d’initiative et d’auto-évaluation. Le contrôle politique est donc absent. En effet, Frontex procède elle-même à l’analyse des risques (secrète) autour des frontières. Depuis 2008, Frontex opère de manière permanente, ce qui veut dire que les opérations sont menées quand l’agence le décide.

Selon Hélène Flautre, il y a dilution des responsabilités. Les États membres se cachent derrière l’idée de « coordination des frontières ». Ils ne sont pas responsables individuellement des opérations de Frontex et de leurs conséquences. Et Frontex légitime ses actions par l’appui des États membres, en disant que l’agence fait de la coordination. On externalise les responsabilités nationales en terme d’immigration et d’asile vers l’Europe, mais du côté de Frontex, on réplique que les Droits de l’homme et l’asile ne relèvent pas de leurs responsabilités.
Avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le règlement de Frontex est révisé. Comme toutes les agences européennes, Frontex est contrainte (théoriquement) de respecter la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne. Frontex légitime ses opérations par le fait que les droits fondamentaux ne seraient pas d’application en dehors des frontières de l’Union. Mais pourtant c’est le cas ! Le principe de non-refoulement est d’application partout (Convention de Genève, 33). Hélène Flautre met donc l’accent sur le fait que des instruments procédurals sont en place pour batailler.
Pour Claire Rodier, GISTI et vice-présidente de Migreurop, le réel problème réside dans l’identification des victimes. Les personnes interceptées par Frontex sont anonymes, mortes noyées, emprisonnées, … Or pour que la Cour européenne des droits de l’homme puisse intervenir, il faut qu’une victime dépose plainte.

Selon Claire Rodier, Frontex est un élément qui rend compte de la schizophrénie de l’Union Européenne. « Il a fallu deux ans pour qu’un représentant de l’HCR (l’agence des Nations Unies pour les réfugiés) participe aux échanges d’informations et à la formation des agents de Frontex. Au Conseil Immigration, on mentionne toujours dans les conclusions qu’il faut respecter les droits fondamentaux, la protection subsidiaire et le principe de non-refoulement. Or en pratique, les projets sont contraires à ces principes. »

Malheureusement, aucun représentant de l’agence Frontex ou de la politique migratoire européenne n’était présent lors de la conférence pour répondre aux intervenants. Il aurait été intéressant de connaitre leur positionnement. Mais admettons que le sujet est interpelant. La politique européenne en terme d’immigration et d’asile est pleinement assumée par l’Europe, comme le montre l’incroyable extension des moyens et donc du pouvoir octroyé à Frontex. La conférence débouchait sur une série de mesures pour arriver à une mobilisation de l’opinion, notamment la création de groupes de travail destinés à former juridiquement ou à soutenir les associations.

Sources et liens utiles :

http://europa.eu/agencies/community_agencies/frontex/index_fr.htm
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/ZIEGLER/15658
http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/mortsauxfrontieres
http://www.rfi.fr/contenu/20100224-frontex-premiere-ligne-lutte-contre-immigration-clandestine
http://www.liguedh.be/
http://www.migreurop.org/

La question migratoire – Frontex

mars 22nd, 2010 par Marie Dosquet

 

La ligue des droits de l’homme organise mercredi 24, en partenariat avec Progress Lawyers Network, une conférence-débat sur l’agence Frontex.

 

Frontex : guerre aux migrants

Frontex est l’agence européenne pour la gestion du contrôle des frontières extérieures de l’Union Européenne. Elle a été créée en 2005 et son but est de « maintenir la sécurité aux frontières de l’Union ». C’est une agence communautaire, ce qui veut dire qu’elle est un organisme de droit public européen, distinct des institutions européennes. C’est donc une organisation supranationale.

 

Elle a de nombreuses missions, comme le soutien à la formation des gardes-frontières, l’appui à l’organisation des vols conjoints d’expulsion, …Pour ce faire, elle dispose de moyens considérables (113 navires, 25 hélicoptères et 21 avions). La conférence tend à mettre en lumière son existence, ses compétences et les conséquences de ses actions en terme de violation des droits des migrants.

 

Pour en savoir plus sur ce sujet interpellant, je me rendrai à la conférence. Compte-rendu bientôt.

 

- Conférence-débat “Frontex: guerre aux migrants” avec Selma Benkhelifa, avocate chez Progress Lawyers Network, Hélène Flautre, parlementaire européenne et membre de la Commission LIBE, Violeta Moreno Lax, chercheuse et doctorante à l’UCL et Claire Rodier, GISTI (France) et vice-présidente de Migreurop.
- mercredi 24 mars à 18h, à Bruxelles Laïque (avenue de Stalingrad 18-20, 1000 Bruxelles)

 

Liens :

 

http://www.liguedh.be/index.php?option=com_content&view=article&id=845:frontex-guerre-aux-migrants&catid=109:actualite&Itemid=280

http://europa.eu/agencies/community_agencies/frontex/index_fr.htm

Une crise diplomatique s’installe

mars 16th, 2010 par Marie Dosquet

Une crise diplomatique a éclaté dernièrement entre Washington et les autorités israéliennes. Pour tenter d’y voir un peu plus clair, je me base sur un article de Donald Macintyre et de Hugh MacLeod (The Independent).

Ce weekend, l’ambassadeur israélien à Washington Michael Oren a été longuement sermonné au Département de la Défense à propos de l’annonce d’Israël de la construction de 1600 logements à Jerusalem-Est qui avait été vécue comme une insulte, une gifle pour le vice-président américain Joe Biden la semaine dernière.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’est excusé du “timing” de cette annonce mais a déclaré hier que les constructions allaient continuer, comme ces 42 dernières années. Il a ajouté que les constructions à Jerusalem-Est n’avaient d’aucune façon nuit aux Palestiniens habitant ces quartiers. Pourtant, du côté palestinien, cet événement semble bien avoir proscrit les espoirs de négociation avec Israël.

Parallèlement à l’arrêt des constructions, les États-Unis demandent aussi d’autres mesures aux autorités israéliennes, notamment le relâchement de prisonniers palestiniens et un compromis concernant les sujets sensibles comme les frontières, les réfugiés palestiniens et le futur de Jérusalem. Aucun média Israélien n’a mentionné ces points spécifiques.

Une explication donnée en Israël sur la pression exercée par les États-Unis pour résoudre rapidement le conflit israélo-palestinien serait que les États-Unis veulent réduire l’hostilité musulmane envers eux. Joe Biden aurait dit à Benjamin Natanyahou que les actions israéliennes mettent les troupes américaines en Irak, en Afghanistan et au Pakistan en danger.

L’atmosphère est très tendue à Jerusalem. Des centaines de policiers ont été déployés dans la vieille ville pour contrer toute protestation des palestiniens. Hier soir, des jeunes ont brûlé des pneus et jeté des pierres vers les forces israéliennes. Deux jeunes ont été touchés par des balles quand les troupes dispersaient des manifestants.

http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/obama-runs-out-of-patience-with-israel-1921812.html

Le Laetare de Stavelot

mars 14th, 2010 par Marie Dosquet

Aujourd’hui avait lieu le traditionnel Laetare de Stavelot. J’y suis allée, rendant visite à mes grandes-tantes, tellement ancrées dans la vie culturelle de leur ville (et d’une pierre deux coups : j’ai pu prendre les sons qu’il me fallait pour un reportage radio). J’ai donc assisté au cortège en VIP, du haut de l’appartement de tante Régine.

Laetare, ça vient du latin “Réjouis-toi”. C’est une tradition carnavalèsque qui a plus de 500 ans … J’ai demandé à un stavelotin pourquoi cette fête a lieu à cette période,  il m’a répondu : “Le carnaval s’achève avec le mercredi des cendres, juste avant le carème. Le Laetare, c’est pour ceux qui n’ont pas réussi à tenir pendant le carème et qui s’arrêtent donc à mi-chemin !”

les Blancs Moussis
Les vedettes sont les Blancs Moussis (“vêtu de blanc”). Initialement, les moines de l’abaye de Stavelot participaient au Laetare. Ils avaient une réputation de grands buveurs ! Mais au 16ème siècl,  le prince-abbé règnant a interdit aux moines de faire la fête … La population, regrettant la joyeuse participation des moines, a trouvé une entourloupe : tout le monde s’est muni de draps portés en cape, de taies d’oreiller comme chapeaux et d’un long nez rouge rappelant celui des moines (sacrés buveurs). De cette manière, les moines pouvaient se fondre dans le public, personne n’était reconnu !
Aujourd’hui, si un habitant sur trois participe au cortège, seuls les hommes peuvent être Blancs Moussis. Ils défilent dans la ville, munis de leurs masques et de vessies de porcs gonflées d’air qu’ils frappent contre le public. Ils bombardent le public de confettis et le chatouillent avec des poissons puants pendus à une canne à pèche. Certains collent des affiches sur les maisons, visant un événement particulier qui s’y est passé pendant l’année, “dans l’esprit stavelotin qui est frondeur, humoristique mais jamais méchant”. Les chars  colorés soufflent des tonnes de confettis dans l’air, les fanfares de la région jouent les musiques les plus enjouées …

confettis

les fanfares

Y a rien à faire, la tradition et le folklore, c’est beau à voir et ça fait du bien au moral.

moi

http://www.laetare-stavelot.be